L'Épouvantable Lande de Ravenner

Dans cette lande maudite et sombre, deux écoles sont rivales depuis toujours... En tout temps, elle se défièrent, afin d'enfin savoir qui est la plus épouvantable... Que choisirez-vous ?
 
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 Meg, it's me 8)

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Megan Rawley
Élève du premier degré
Megan Rawley

Messages : 6
Date d'inscription : 02/07/2010

Fiche d'identité
Espèce: Conteur Somnolant
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MessageSujet: Meg, it's me 8)    Meg, it's me 8)  Icon_minitimeVen 2 Juil - 23:52

Hellooo ! Eh non, je ne suis pas un petit nouveau ahah ! Mais qui suis-je alors ? What a Face

(Ah, et en passant, désolé de la longueur de l’histoire, pas réfléchis en la faisant =.=- Et la fin part un peu en *ouille je pense, trop fatigué en la faisant lol)


Nom : Rawley
Prénom : Megan
Âge : 15
École : Scarwall
Rang (élève ou professeur) : élève
Race de l’élève/professeur : Conteur somnolant




Histoire (min.10 lignes) :


La ville s’étendait en une multitude de boyaux morts. Ses rues étroites se croisaient en un labyrinthe désordonné, comme des serpents qui se montent les uns sur les autres, en une masse sinueuse et glauque… Les rues semblaient glisser sur elles mêmes, comme si soudain elles prenaient vie. Elles devenaient ces monstres atroces qui se cachent la nuit sous nos lits, refermant leur masse mouvante de pavés et de murs sur toutes ces âmes folles, assez courageuses que pour s’y perdre… La ville guettait les passants de son regard de prédatrice, les transperçant jusqu’à l’angoisse, les pénétrant à les rendre fous… Maudite ! Maudite !

Les passants se recroquevillaient sur eux-mêmes, ils se tordaient sous le poids du regard de la Prédatrice. Ils avançaient en se tenant les côtes, marchant les yeux rivés au sol, pliés en deux, rien de plus que des silhouettes à demi humaines, tordues par l’angoisse et la folie…. Maudite ! Maudite ! Un long râle s’échappait de leur bouche béante, un long râle qui ressemblait à un raclement de gorge. Leurs iris s’affolaient et couraient d’un coin à l’autre de leurs orbites injectées de sang… Au milieu de l’amas d’hommes et de femmes, se tordant de souffrance et de peur… dans la foule, une jeune fille n’était pas comme les autres… Elle avait peur, elle courait. Elle jetait des regards affolés sur la foule et tentait tant bien que mal de s’en extirper. Ils allaient tous dans le même sens, vers la même direction qui semblait les épouvanter… Elle, allait à contresens. Elle se faisait bousculer, piétiner, pourvu qu’elle atteigne le bout de la rue, pourvu qu’elle sorte, pourvu qu’elle ne devienne pas… comme eux…

Elle bouscula un homme, qui la gifla aussitôt. Elle tomba sur le sol, et l’homme la contourna. Elle posa sa main sur sa joue et se releva, se mit à courir de plus belle. Bousculant les hommes, les femmes et les enfants, devenus bien moins que la moitié d’eux-mêmes… Elle tentait tant bien que mal d’esquiver les coups de pieds et de poing que lui rendait la foule. En vain. Son nez saignait, bien vite elle se mit à boiter, et un fin filet pourpre sinuait sur les courbes délicates de ses cheveux blonds, à présent emmêlés… Elle ne faisait plus attention à la foule autour d’elle, ni aux coups qu’ils lui donnaient, ni même à la douleur. Haletante, elle continuait à courir au milieu de cette folie sans nom… et ses efforts finirent par payer…

Elle se glissa dans une rue, plus étroite, plus sombre… et vide… Elle s’adossa à un mur, et se laissa tomber sur le sol, prenant sa tête entre ses mains. Elle avait trop peur que pour pleurer, et trop mal aussi… Elle se contenta de reprendre sa respiration, et abandonna l’idée de calmer les battements frénétiques de son cœur… Soudain, elle sentit une respiration, à quelques centimètres d’elle… Elle releva les yeux, et croisa son regard. Un regard gris, de grands yeux gris qui la fixaient sous des mèches emmêlées de cheveux bruns. Un jeune garçon, qu’elle reconnut aussitôt. Elle ne savait plus où elle l’avait connu, ni même si elle l’avait aimé… Mais quand leurs regards se croisèrent, son cœur fut aussitôt soulagé, et elle sourit, faiblement, d’une ombre d’un sourire malade et douloureux… mais un sourire qui restait beau malgré tout. Pourtant, le garçon se leva précipitamment. D’un bond il s’éloigna d’elle et se mit à courir. Elle se leva à son tour, lui criant de l’attendre. Mais il n’en fit rien. Il s’engouffra parmi les petites rues, toutes plus étroites les unes que les autres, toutes plus sombres… Leurs murs semblaient les écrasés tout les deux, plus ils couraient, plus les murs se rapprochaient. La fatigue et la douleur l’empêchait de courir assez vite. Elle forçait son regard à rester accrocher à l’ombre du garçon, qu’elle n’apercevait presque plus… Elle le voyait à peine, s’engouffrer parmi les petites rues étroites… Soudain, elle trébucha, tombant douloureusement sur les genoux. Elle était épuisée, blessée, mais elle désirait avancer par-dessus tout…

Pourtant, elle ne put s’empêcher de perdre le garçon de vue… A quatre pattes sur le sol, elle fixait les pavés, reprenant tant bien que mal son souffle. Ses poumons semblaient prêts à éclater, son cœur, prêt à se décrocher et ses jambes semblaient ne plus vouloir la porter… Les larmes aux yeux, elle releva la tête… et elle l’aperçut. Il était là, devant elle, à quelques mètres à peine, sur le parvis d’une église. Il ouvrit la porte, et il sembla sourire, lui faisant signe de le suivre… Il s’engouffra dans l’église. Elle se releva brusquement, et se remis à courir à la suite du garçon.

Le bâtiment était plongé dans une obscurité totale, la lumière ne filtrait que par quelques vitraux noirs, fissurés et brisés, qui représentaient des anges au regard sévère et pénétrant. Elle put cependant entendre les pas du jeune garçon, il grimpait un escalier, et elle eut vite fait de le suivre… Autour d’elle, les statues la menaçaient, les fresques la transperçaient de leurs regards moribonds… le temps sembla même cesser de s’écouler… L’épuisement la gagnait de plus en plus, mais elle ne voulut pas céder à la fatigue, pas avant de l’avoir retrouvé. Elle se mit à grimper les marches, courant, boitant, suffoquant… Lui, allait vite, elle parvenait à peine à le suivre… Elle ne voyait même plus où elle marchait à présent… Il lui semblait que les marches ne s’arrêtaient jamais de grimper, il lui semblait qu’elle endurerait cette souffrance pour l’éternité. Pourtant, elle finit par arriver au sommet de cet escalier interminable…

Une porte gorgée de lumière surmontait les marches… Derrière, on pouvait apercevoir le soleil resplendir. Elle marcha plus doucement, passant la porte, se retrouvant sur une terrasse elle aussi baignée de lumière. Elle pouvait voir la ville entière, se réveiller sous les doux rayons du soleil. La ville… elle semblait belle à présent ! Elle s’avança, apaisée, souriant doucement… La clarté baignait le lieu tout entier, l’enlaçant dans une plénitude et un bien être sans nom… Peut être était elle morte, mais peut importait à présent, tout était fini… Elle s’avança sur la tersasse, s’appuyant sur la balustrade de pierre, face au paysage. Quand elle entendit une voix masculine l’appeler par son prénom, elle se retourna, tout sourire. Elle aperçut le jeune garçon qu’elle avait suivi, et se rappela qu’elle l’avait aimé autrefois. Il sourit à son tour, et s’approcha doucement d’elle. Elle rigola de plaisir, soulagée, apaisée pour ce qu’elle croyait être l’éternité. Il la prit dans ses bras, et elle referma les siens autour des épaules du garçon… Une larme lui perla au coin des yeux, elle regarda le visage du garçon, dont le regard était à présent totalement dissimulé derrière ses cheveux. Il lui sourit… mais pas comme elle l’aurait voulu… Un fin sourire ironique, tellement étrange… Elle leva vers lui un regard soucieux. Il l’enlaça de plus belle, l’empêchant de regarder son visage plus longtemps. Il approcha sa bouche de son oreille, pour lui susurrer deux mots… deux mots qui suffirent à la plonger dans un total désarroi : Crève, Maudite ! Et il la poussa dans le vide…

Elle tomba, mais étrangement, le choc ne fut pas brutal… non, une multitude de bras la rattrapèrent. Une multitude de bras, reliés à des corps, humains… Des hommes, des femmes, se tordant sur eux mêmes, émettant un long râle, un long raclement de gorge… D’une voix rauque, terrible, ils scandèrent tous ensembles : Maudite ! Maudite ! Elle hurla… d’un cri strident, effroyable, et si vain… Les bras la serrèrent à l’étouffer, ils la griffèrent, la frappèrent… Un enfant lui mordit la joue jusqu’au sang, une femme lui planta les ongles dans la chair de ses épaules, d’autres lui donnaient des coups de pieds, des coups de poings… La douleur semblait venir de partout, elle suffoquait : plus elle criait, plus elle avait l’impression que sa langue allait lui passer au travers de la gorge… Tout devenait douleur, il lui semblait même que certains de ses os se brisaient, qu’elle allait se déchirer toute entière, comme une poupée de chiffon. Elle ne voyait plus, elle n’entendait plus que les râles horribles de la foule autour d’elle, elle allait mourir… sous le regard satisfait de la Prédatrice… Maudite ! Maudite !



Je me réveillai en sursaut, haletant… Ce rêve… encore elle. Je regardai tout autour de moi, comme si je m’attendais à la voir surgir dans la réalité, mais je n’aperçus que les vagues silhouettes des autres élèves, remuer dans l’obscurité… Je me levai en silence, et sans un bruit je m’approchai de la fenêtre. Je regardai au travers de la vitre le paysage englouti par la nuit. Je l’ouvris, prenant place sur l’appui de fenêtre et laissai mes jambes pendre dans le vide. La pénombre avait recouvert l’entièreté du paysage, et un vent glacé soufflait sur la lande. Comme à chaque fois que je rêvais d’elle, les images du passé me revenaient par centaines… Ce rêve ne me faisait pas peur évidement, j’étais un Conteur Somnolant, et les cauchemars, c’était dans ma nature de les aimer. Cependant, je ne comprenais pas… Je ne comprenais pas pourquoi, chaque nuit, elle faisait irruption dans mes rêves, et pourquoi chaque nuit, je la tuais… Oui, ce garçon aux yeux gris et aux cheveux bruns, c’était moi, Megan Rawley… Megan Rawley, un nom que je déteste… Tout d’abord parce que Rawley, ce n’est pas mon vrai nom. Du moins, pas celui de mes parents (celui là, je l’ai oublié…). C’est l’orphelinat qui me l’a donné, celui où j’ai grandi. Ensuite Megan, c’est un nom de fille. Et ça suffit amplement à ne pas l’aimer… En plus, ça me rappelle l’horrible berger allemand des voisins de l’orphelinat, celui qui aboyait tout le temps et attaquait tout ce qui bouge : cette sale bête portait le même prénom que moi. Mais bon, on s’en fout de ça, parlons plutôt de moi, ce sera déjà plus intéressant.

Du plus loin que je me souvienne j’ai toujours vécu à l’orphelinat, avant d’arriver ici. J’avais pas de parents, ou du moins, je ne les avais jamais connus. La patronne, celle qui décidait de qui rentrait et qui partait, c’était Madame Beetlefist. Une anorexique de soixante ans, aux ongles trop longs, moche à faire peur. Je me rappelle parfaitement d’elle : sa voix stridente, qui faisait mal aux oreilles, son odeur de cigarettes, son maquillage qui débordait toujours de partout, ses collants en filet, qui suffisaient à en répugner plus d’un… Elle me détestait, et c’était réciproque. Je me souviens, combien de fois a-t-elle approché son visage du mien, son éternelle cigarette à la main. Elle m’empoignait par le col, et me soufflait son horrible haleine au visage : Tu n’vaux donc vraiment rien sale petit morveux ! aimait t’elle me répéter. Moi, je la regardais, derrière mes cheveux, et je souriais. Je l’imaginais avec un corps de serpent, elle enroulerait sa queue autour de sa gorge trop longue et s’étoufferait avec sa langue de vipère. Je trouvais cette façon de voire les choses vraiment marrante, et j’espérais secrètement que cela arrive un jour. Mais quand elle voyait mon manque de réaction devant ses insultes, elle s’emportait et me giflait.

A l’orphelinat, je m’ennuyais. Je ne me sentais pas comme les autres, et je n’avais pas d’amis. C’est seulement bien plus tard que je compris que je n’avais pas ma place dans le monde des humains. Je les trouvais bêtes, tous ces enfants, des pleurnichards, vraiment. Je pense qu’ils ne devaient pas trop m’aimer non plus, vu les surnoms qu’ils me donnaient. Moi, ce que j’aimais, c’était raconter des histoires, des histoires qui les faisaient pleurer la nuit, et qui horrifiaient même la vielle Beetlefist. On me disait de me taire, à un moment donné, je n’avais même plus le droit d’ouvrir la bouche en présence des autres enfants. Cependant, je trouvais toujours un moyen pour me faire écouter. J’enchainais sale coup sur sale coup, toujours à la recherche de nouveaux coups tordus pour emmerder Beetlefist et les autres pleurnichards. Je passais mon temps à être punis, mais je m’en fichais pas mal : je savais que j’allais avoir ma revanche…

Cependant, au milieu de tous ces humains, je sentais peu à peu que la présence d’un ami me manquait, un ami qui serait comme moi. Et un jour, elle arriva à l’orphelinat. C’était un vendredi je crois, j’avais treize ans. Quand elle passa la porte en présence de Beetlefist et d’un étranger, je compris directement qu’elle n’était pas comme les autres. Assez petite, avec des cheveux bizarres qui s’enroulent sur eux-mêmes, et de grands yeux bleus entourés de cernes. Elle souriait calmement, d’un éternel air de sous-entendu. La patronne nous la présenta, de sa voix de vielle mégère qu’on égorge. Je ne fis même pas attention à ses paroles, trop intrigué par l’étrange fille qui venait d’entrer. Après la présentation, Beetlefist, l’étranger et la nouvelle s’enfermèrent dans une pièce, sans doute pour signer la garantie, ou quelque chose comme ça… Moi j’attendis devant la porte, assis dans un coin, les bras enroulés autour des genoux. Ils passèrent bien deux heures dans le bureau de la patronne. Quand ils sortirent, les deux adultes se serrèrent la main (je plains la main du pauvre homme, dans la chair de laquelle Beetlefist s’efforça de planter ses ongles qu’elle a si longs…). L’étrange fille, elle, me regardait tout en souriant. Je lui rendis son sourire et cela la fit rire. Vexé, je me levai et décidai d’aller me coucher. Une fois dans mon lit, il ne me fallut pas plus de quelques secondes pour m’endormir, comme à mon habitude, me délectant à l’avance des futurs cauchemars que je m’apprêtais à faire… Pourtant, cette nuit, elle était là, dans mon rêve… Je n’avais encore jamais rêvé de personnes réelles…

Le matin suivant, plusieurs enfants se plaignirent de cauchemars, même Beetlefist appela le médecin pour se plaindre d’un affreux rêve qu’elle avait fait durant la nuit. Personne ne soupçonnait que cette étrange vague de cauchemars était due à la nouvelle arrivante, du moins pas encore… Au déjeuner, je m’assis seul, comme tous les jours, à la table du fond. Assis jambes croisées sur ma chaise je buvais ma soupe à mon aise, alors que les autres enfants étaient déjà au dessert. Elle, était assise à la table d’en face, avec d’autres enfants. Cependant, elle ne prenait pas part aux discussions, se contentant de sourire en regardant les autres. Quand elle eut fini de manger, elle se leva, pour s’approcher de ma table.

-Tu manges lentement dis-donc !

Je ne répondis pas. Elle s’assit en face de moi, me fixant de son étrange regard. Elle me regardait manger, très attentivement, et cela me dérangeait. Je fis mine de ne pas la voire, et continuai de ingurgiter mon repas en silence. J’avais beau ne pas la regarder, je la sentais me dévisager, et ça me déconcentrait. Bien vite, je renversai une grande cuillerée de soupe sur ma veste, ce qui la fit se remettre à rire.

-Je comprends maintenant pourquoi tu manges si lentement ! Je m’excuse, je ne savais pas que c’était si difficile !

Je relevai les yeux vers son visage, mon regard toujours caché par une masse abondante de mèches brunes emmêlées. Je m’en rendis compte pour la première fois, mais elle était jolie. Elle devait avoir environ mon âge, et ses cheveux en forme d’entrelacs lui donnaient un certain charme. Quand elle riait, ses grands yeux bleus s’éclairaient d’une lueur d’amusement, ce qui la rendait resplendissante, malgré les cernes qui se creusaient sous ses yeux. Je la trouvais belle, et j’avais l’impression qu’elle me plaisait. Gêné par le sentiment que je venais de ressentir, je replongeai dans la contemplation de mon bol de soupe : une soupe verte, avec des gros morceaux de légumes et de viande qui se noyaient dedans. Sans la regarder, je marmonnai :

-Qu’est-ce tu m’veux, à la fin ?
-Rien ! Je veux juste discuter…
-Ya pas assez d’autres enfants que pour discuter ?
-Pfff… les autres sont tellement ennuyeux, et puis ils sont pas un peu bêtes ? Me demanda t’elle à voix basse.

J’acquiesçai en souriant. Le reste du repas se passa plutôt bien. Elle me regardait manger ma soupe, tandis que nous parlions de tout et de rien. A vrai dire, nous passâmes surtout le repas à nous moquer des autres enfants et de Beetlefist. Quand elle me demanda si la vielle patronne ne me faisait pas un peu peur, je lui répondis que non, et expliquai ma façon de l’imaginer en serpent, s’étranglant avec son corps, s’étouffant avec sa langue. Elle se remit à rire, et je me dis à nouveau que je la trouvais jolie… Au cours de cette discussion, je n’appris rien d’elle, mis à part son prénom : Elivia.

La nuit, elle fit à nouveau une apparition dans mes rêves, et le lendemain matin, plusieurs autres enfants se plaignirent de cauchemars. Beetlefist, quant à elle, n’avais jamais été aussi moche. Déjà qu’elle était squelettique, les cernes et la fatigue lui donnaient d’avantage un air monstrueux. Elle ressemblait à présent à une vielle sardine desséchée, emmaillotée dans les filets trop serrant de ses collants. Le pauvre médecin fut à nouveau dérangé pour une consultation avec la patronne. Epouvantée, elle racontait cet horrible rêve qu’elle avait fait durant la nuit, derrière la porte, tous les élèves l’écoutaient narrer les faits en riants. J’en faisais partie. Le plaisir fut d’autant plus grand quand je reconnus le récit : le rêve, celui qu’elle avait fait, était exactement pareil au destin que je lui avais imaginé, celui où elle devenait un serpent, dans tous les détails, de la même façon que je l’avais raconté la veille, à Elivia…


-Elivia !

J’entrai en trombe dans le dortoir des filles, où Elivia était seule, occupée à gribouiller quelque chose sur un morceau de papier.

-C’est génial ! Comment t’as fait ça ?
-Chuuut ! Parle moins fort, quelqu’un pourrait t’entendre…
-C’est génial ! Comment tu fais ça ? Répétai-je à voix basse.
-Mes parents m’ont appris… avant de mourir…
-Ah, je suis désolé Dis-je sur un ton navré, baissant les yeux…
-Ne le sois pas, ce n’est pas ta faute… et puis, c’est le genre de chose qui arrive…
-Oui… ton truc, tu pourras me l’apprendre ?Lui demandai-je, ayant retrouver le sourire.
-Non, c’est impossible, ce n’est pas le genre de chose que tout le monde sait faire. De toute manière, tu sais déjà raconter des histoires, c’est suffisant, non ?

Etonné, je la dévisageai un instant, avant même que j’ai eu le temps de lui demander comment elle savait, elle répondit d’un haussement d’épaule qu’elle s’était informée d’elle-même. Je n’aimais pas sa façon d’avoir enquêté sur moi, mais je ne le fis pas remarquer.

-Tu sais, mes parents m’ont appris beaucoup de choses… Poursuivis t’elle Nous ne sommes pas comme les autres enfants, nous ne sommes pas comme les humains, Meg !

Elle m’apprit ensuite l’existence d’une école, qui apprenait aux gens comme nous à effrayer les humains. Au début, je ne la crus pas. Mais ensuite, alors qu’elle me suppliait de la croire, de ne pas la prendre pour une menteuse, je finis par gober l’histoire de l’école, et du reste. Elle me promit alors, qu’un jour, nous irions tous les deux vivre et apprendre dans cette école, au milieu d’autres créatures qui nous ressemblaient, afin de mieux pourrir la vie aux humains, tellement stupides…

Les quelques mois qui suivirent furent les plus beaux de ma vie. Elivia et moi, étions devenus inséparables. Nous passions tout le temps que nous avions ensemble, à se moquer des autres enfants et à préparer des sales tours contre Beetlefist. Nous gagnâmes bien vite la haine des jeunes humains, surtout Elivia, qui se fit appelée « La Maudite ». Un jour, un enfant s’était réveillé en plein cauchemar, découvrant la jeune Elivia au coin de son lit. Depuis, ils croyaient tous, à raison, qu’elle était la cause de leurs mauvais rêves. Même Beetlefist se rendit compte que la fille aux adorables boucles blondes arrivée un an plus tôt n’était vraiment pas comme les autres. Le soir, durant sa prière, au lieu de « Seigneur, délivrez nous du mal », elle sanglotait ces quelques paroles : « seigneur, délivrez nous de La Maudite »… Elivia semblait ne pas s’en soucier, mais moi, je commençais à être inquiet. La patronne avait fait plusieurs fois venir un prêtre, pour l’exorciser. A chaque fois, les tentatives du prêtre furent inutiles, car les nuits suivantes, Beetlefist et les enfants recommençaient leurs mauvais rêves… On entendait souvent Beetlefist affirmer que c’était dommage que le bûcher n’était plus autorisé, pour les petites sorcières dans son genre, car ça aurait été depuis longtemps qu’elle aurait appelé l’inquisition pour lui régler son compte. Dans les couloirs, les petits garçons faisaient des croches pieds à Elivia, et en classe, les petites filles lui tiraient les cheveux. Elivia, fidèle à ses habitudes, s’en fichait, elle attendait sa revanche, la nuit, alors que tout le monde dormait… Moi, j’aimais bien quand elle venait me rendre visite dans mes rêves, elle était toujours la bienvenue où que j’aille.

Non, elle semblait réellement ne pas se soucier des réactions des autres. Jusqu’au jour où un médecin, qui ressemblait à tous les autres de par la blouse blanche, vint rendre visite à Elivia. La consultation dura plusieurs heures. Quand ils sortirent tous les deux, Elivia avait réellement l’air désemparée, quand à l’homme, il se contentait d’afficher son air de médecin qui fait semblant de se soucier de son patient. Il s’entretenu ensuite avec la vielle Beetlefist. Je pus tout juste saisir quelques bribes de leur conversation. Ils parlaient de l’emmener dans un institut spécialisé, pour les gens « perturbés », avait-il dit. Au début, je ne comprenais pas vraiment, je croyais qu’il voulait l’emmener dans l’école dont Elivia m’avait parlé, celle où ils vous apprenaient à effrayer les humains. Cependant, quand l’homme pris Elivia par la épaules, celle-ci se débattit, criant qu’elle ne voulait pas aller chez les fous, qu’elle n’était pas folle. Je m’avançai pour aller l’aider, mais Beetlefist s’interposa, me poussant en arrière. Je lui crachai à la figure, et elle me gifla. Elivia quant à elle était toujours aux prises avec le médecin. Elle donnait des coups de pieds dans le mur, tentant de se dégager de l’étreinte de l’homme. Elle criait mon nom : elle non plus, n’avait pas envie qu’on soit séparés… Tous ensembles, les enfants se mirent à scander : « La maudite, chez les fous ! La maudite, chez les fous ! » Je leur aurais bien fais avaler leurs mots d’un coup de poing, mais Beetlefist me tenait toujours fermement, plantant ses horribles ongles dans mes bras. Je criai le nom d’Elivia. Elle et le médecin se rapprochaient de plus en plus de la porte. Soudain, Elivia donna un grand coup de coude dans l’estomac de l’homme. Sur le coup de la colère, celui-ci frappa Elivia à la tête, la plongeant dans l’inconscient. Pris par l’angoisse, je me mis à crier de plus belle, sortant toutes les insultes qui me passaient par la tête, hurlant le prénom de la jeune fille. La peur et la colère me firent monter les larmes aux yeux, tandis que l’homme trainait une Elivia évanouie vers la porte. Il sortit dans la rue, et je pu à peine l’apercevoir embarquer la jeune fille dans une calèche, après avoir bien entendu pris la peine de lui lier pieds et mains. J’entendis par contre très nettement le bruit de sabots des chevaux qui se mettaient à marcher. Je tombai à genoux, le visage baigné de larmes. Les humains… ils étaient vraiment stupides, je les détestais.

Beetlefist me traîna sur le sol, pour m’enfermer à double tour dans la pièce des punis. J’y passai de longues heures, voire même quelques jours. Quand j’en sorti, ma haine pour les humains s’était décupler. Je m’enfuis la nuit après que ma punition fut levée, afin de rejoindre Scarwall, dans l’espoir d’y revoir Elivia, comme elle m’avait promis. Depuis ce jour, mes rêves n’ont jamais cessé d’être hantés par le fantôme d’Elivia, dont j’ignorais le sort. Morte peut-être, ou devenue réellement folle… Il m’arrivait d’espérer la voire près de moi à mon réveil, comme autrefois, où elle aimait s’introduire dans mes rêves la nuit… A la fois, je détestais la voire dans mes rêves, car ils ne terminaient évidement jamais bien… Cependant, je m’endormais chaque nuit le sourire aux lèvres, car chaque nuit, je savais que j’allais la revoir…

_________________________________________________________________________________________



Caractère :

Meg est d’ordinaire un garçon assez calme, même s’il lui arrive quelques fois de râler ou bougonner quand il est vexé (et il se vexe assez facilement). Il lui arrive parfois de préparer quelques coups tordus à ceux qu’il n’aime pas. Il se moque facilement des gens, plus parce que il n’y réfléchis pas aux conséquences de ses paroles que par réelle méchanceté. Malgré qu’il n’hésite pas à laisser transparaître ses émotions, il n’est pas facile à cerner. Il a un comportement distant et solitaire, un peu sauvage parfois, envers les autres élèves, et même s’il n’a pas trop de mal à se faire des amis, il les garde rarement. Assez étrange et paradoxal dans sa façon d’être, il pose souvent question, et la plupart des amis qu’il se fait finissent par se lasser de son comportement, sympathique, mais indifférent. Pour lui, avoir des amis est un plus, qui n’est pas indispensable, et il n’hésite jamais à faire ressentir aux autres qu’il se débrouille très bien tout seul. Il commence rarement une discussion et préfère répondre aux questions qui lui sont posées, n’entament la discussion que s’il en a besoin. Il n'aime pas beaucoup réfléchir, et on peut pas dire qu'il soit vraiment une lumière. Même si cette facette de sa personnalité ne se voit pas de l’extérieur, Meg est un garçon très sensible, qui prend souvent les choses à cœur. Très rancunier, il ne pardonne jamais à ceux qui lui ont fait du mal. Et comme vous l’avez compris si vous avez lu l’histoire, il déteste les humains.


Physique (min.4 lignes) : Assez maigre, avec des cheveux bruns qui lui cachent presque perpétuellement les yeux. Il n’aime pas qu’on le regarde dans les yeux, c’est pourquoi il s’arrange toujours pour les dissimuler. Dans sa façon d’être, il est plutôt lent et posé, il ne se presse rarement et n’est jamais stressé. Il se tient généralement assez mal, jambes croisées sur une chaise par exemple. Assez souriant dans l’ensemble, il à un visage, encore enfantin, qui n’est pas désagréable à regarder et paraît parfois plus jeune que son âge. Il n’est pas le genre de personne qui accroche inévitablement le regard. A première vue, il n’est pas vraiment beau. Mais quand on le regarde plus attentivement, on se rend compte qu’il a un joli sourire, aimable et même parfois bienveillant.







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Dernière édition par Megan Rawley le Dim 4 Juil - 22:23, édité 1 fois
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Jayden Raümas
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MessageSujet: Re: Meg, it's me 8)    Meg, it's me 8)  Icon_minitimeSam 3 Juil - 2:15

Hmm, on peut dire que tu es inspirée, dis donc =D Mais je n'arrive par contre pas à te reconnaître... remarque, c'est peut-être normal x3
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Irwin Fineas Grimm
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MessageSujet: Re: Meg, it's me 8)    Meg, it's me 8)  Icon_minitimeSam 3 Juil - 17:39

J'adoooooooore O_O T'as pas fait le perso dont tu m'avais parlé, mais franchement, j'adore Megan et son histoire ! Je suis bluffée... c'est trop bien écrit...

Ton avatar est trop magnifique T-T Et ton histoire aussi... j'adore lire ce que tu fais, et ça ne changera pas de sitôt ! =D Comment je pourrais ne pas valider ? Huhu ^^

Franchement j'aime troow =3 J'ai trop envie de poster avec ce perso aussi !! =D

PS : Et comment j'aurais pu ne pas te reconnaitre ? Avec tous ces participes passés... xD

_________________
Meg, it's me 8)  Nouvellesignairwin_zpse2bf396f
^.^ => tête constante d'Irwin xD



Dernière édition par Irwin Fineas Grimm le Sam 3 Juil - 21:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Meg, it's me 8)    Meg, it's me 8)  Icon_minitimeSam 3 Juil - 17:56

Rebienvenue parmit Nous XD!!! C'est bien qu'il est un nouveau compteur somnelant^^!
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Megan Rawley
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MessageSujet: Re: Meg, it's me 8)    Meg, it's me 8)  Icon_minitimeDim 4 Juil - 22:01

Rhooo làlà, Wiwin, décidément, on ne peut vraiment rien te cacher T.T

Ben oui, c'est bien moi ahah Je vois que tu m'as reconnue xD

Je suis contente que ce nouveau persos te plaise, et j'ai hâte de poster avec toi <3
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MessageSujet: Re: Meg, it's me 8)    Meg, it's me 8)  Icon_minitime

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